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Les dispositifs de vision que chaque pièce déploie sont des lieux de démantèlement de paradigmes fatigués, en travaillant à  partir d’agencements historiques qui ont fait date : le scandale de l’Olympia de Manet, le lit défait du Verrou de Fragonard, la charge sexuelle de L’Après-midi d’un faune de Nijinski, la sulfureuse devise « A MON SEUL DÉSIR » de la sixième tapisserie La Dame à la licorne,  la figure ithyphallique de la grotte de Lascaux, la Grande Prostituée  sur les eaux dans les visions apocalyptiques de Jean, etc.

Puisque les corps représentés sont pris dans un réseau complexe de  sens et de significations et qu’ils deviennent quelquefois emblématiques  d’un instant T de l’histoire du monde ; puisque ces représentations  connues continuent néanmoins d’informer encore vivement nos modes de  perception, la méthode – qui s’invente au fur et à mesure du travail –  consiste à entrer dans ces corps anciens pour construire à rebours  l’image qu’ils formaient naguère, et à y injecter (par frottements)  discours d’histoire de l’art, histoire critique des représentations et  histoires personnelles pour tenter de changer la nature du regard sur  eux, et donc sur nous.

Par expérience, on peut observer que les images tiennent longtemps,  et tant mieux. Mais une part de ce qu’on pense qu’elles représentent  peut s’effondrer. Tant mieux encore. Car il s’agit bien de créer des  effondrements. En tout cas des machines à réfléchir les images, dans  lesquelles langues (les récits) et corps (les actions) s’interpénètrent  pour creuser des voies dissidentes.

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