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Gaff Aff
D’un rebut de la société, d’un emballage du « lifestyle », d’une simple boîte en carton laissée en reste, le chorégraphe et le musicien font tout d’abord une fragile construction, qui devient finalement une cabane foraine, leur théâtre.
D’un rebut de la société, d’un emballage du « lifestyle », d’une simple boîte en carton laissée en reste, le chorégraphe et le musicien font tout d’abord une fragile construction, qui devient finalement une cabane foraine, leur théâtre. Il en résulte une chose vivante, autarcique, qu’ils font croître avec amour et confiance. En un tour de main, une découpe, un pli, une courbure, une déchirure suffisent pour en faire l’espace d’une scène, un chez-soi dans lequel ils trouvent une identité, une importance. Le carton est léger, souple, maniable, isolant. Mais il a la fragilité du provisoire. Une fragilité qui s’apparente à l’existence humaine.
Il en découle un emboîtement d’évènements lorsque Martin Zimmermann et Dimitri de Perrot construisent leur nouvelle existence. Le personnage de Zimmermann s’exhibe à devenir une attraction moderne : l’homme marionnette, la curiosité vivante, l’illusionniste, ou l’humain déguisé en humain. Un manège, une scène, une piste de danse, semblables à un immense tourne-disque que le musicien met en action, se transforme en mécanisme d’exposition, et les protagonistes ne savent déjà plus faire la distinction entre exhibition voulue et exhibition sous contrainte.
En cherchant à coller à la vie moderne, le personnage de Zimmermann se trouve au point de tomber dans la mélancolie et la frustration, pour dans un même mouvement se tourner vers l’humour et une parodie poétique de la condition humaine et ainsi, telle l’aiguille sur la platine, s’en rapprocher petit à petit. Le musicien Dimitri de Perrot fait résonner le monde environnant. Sa musique reflète en même temps le monde secret, « l’autre moi » du personnage déchiré de Zimmermann, et elle évolue pour devenir elle-même protagoniste, une véritable figure musicale qui réagit, dérange, console avec tendresse.
Gaff Aff est un manège vivant, une mise en scène poétique et contemporaine située entre musique, cirque, arts plastique et chorégraphie, où les personnages, la musique, le mouvement et la scénographie apparaissent dans une interaction intense.
Source : Zimmermann & de Perrot